Mauvais calcul

De la Naissance à l'Evolution des Mathématiques

50% des jeunes Singapouriens, en classe de cinquième, ont un niveau « international » en mathématiques, pour seulement 2% de Français.
Notre réputation d’excellence scientifique fou le camp et de moins en moins de « cracks » français brillent dans la Silicon Valley ou dans la City.
Mais, le problème de cette déliquescence de notre niveau en mathématiques, est surtout de constater que la médiocrité de notre enseignement, ne permet plus un minimum de connaissances indispensables, au plus grand nombre, à notre compréhension de phénomènes affectant notre quotidien.

Nous ne parlons pas là, de la connaissance des équations complexes où de l’intégrale double, mais seulement de la maitrise d’une simple règle de trois, ou de la distinction des ordres de grandeurs.

Dès lors, comment comprendre ce que sont les intérêts capitalisés, le problème des retraites, ou celui de la dette. Comment imaginer que deux années de croissance à 3% ne compensent pas une récession de 6%. Dans l’ignorance de notions statistiques, comment se situer objectivement sur les bienfaits d’un vaccin, ou savoir que si la France réduit moins ses émissions de CO2 que d’autres, c’est d’abord parce qu’elle en produit moins ?

Nous vivons dans un monde complexe et supportons au quotidien des mécanismes compliqués qui affectent notre vie de tous les jours.
Perdre nos connaissances de base, au sens du calcul « d’antan », c’est s’interdire une participation éclairée au débat public. C’est aussi et surtout se priver de sa liberté de penser avec la seule possibilité de rejoindre la cohorte des penseurs en 140 caractères, sur les réseaux sociaux, qui vous proposent un « formulaire » de pensée dont le grand nombre d’adhésions justifie, à lui seul, la validité.

Comment en sommes-nous arrivés là ?

Pourtant, de 1880 jusqu’à l’entre-deux-guerres, l’enseignement français des mathématiques était d’une qualité exceptionnelle. Alors comment expliquer que les élèves de l’Hexagone soient devenus de tels cancres ? 
A partir de 1968, de nouvelles préconisations éducatives commencent à émerger, fondées davantage sur des idéologies et des théories socio-psycho-pédagogiques fumeuses, que sur une analyse rigoureuse des pratiques d’enseignement, Elles sont nourries en France par les succès de l’abstraction mathématique. Ce qui conduira notamment à la réforme de ce qu’on appellera les « mathématiques modernes« , à l’origine d’un bouleversement des méthodes d’enseignement des maths dans la période 1969-1984.

C’est le début de la fin : l’enseignement des maths modernes est mis en place au collège, puis à l’école primaire… et même en maternelle ! Et si les élèves doués ou ayant bénéficié d’une imprégnation familiale peuvent éventuellement suivre, les autres sont désorientés, au moins autant que leurs parents. En fait, plus le monde se numérisait, plus l’enseignement des mathématiques en France philosophait.

Ce n’est qu’en 1985 que l’on reviendra à un apprentissage plus traditionnel et orthodoxe des mathématiques, mais 10 ans de dégâts laisseront des traces indélébiles.
De nos jours l’apprentissage des mathématiques s’est normalisé mais l’usage au quotidien et au lycée des calculatrices ne sont pas la meilleure façon d’acquisition des mécanismes simples de calcul, puisque la machine le fait pour nous. Il nous faut donc compenser par un effort supplémentaire, comme par exemple la pratique du simple calcul mental. 

« L’hygiène de la pensée passe par la connaissance des mathématiques. »

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