Episode 1 – La Saga de la boite d’allumettes.

Un métier principal :

Nous sommes en 1977, j’ai 26 ans et je viens de quitter mon emploi de commercial en machines comptables chez Olivetti France, pour créer ma première entreprise : Elle se dénomme PROCOFRANCE (Promotion des Communes de France). Je n’en ai pas inventé le concept, mais seulement calqué, avec quelques aménagements, sur le modèle d’une entreprise parisienne qui existait depuis 1974. A cette époque, les municipalités commençaient à s’intéresser à la communication et cherchaient à jouer un rôle actif dans la vie commerciale et économique de leurs communes. Cette entreprise parisienne a décidé de les y aider.
Le principe consistait à proposer aux municipalités de réaliser, pour leur compte et en leur nom, un plan de leur ville, qui permettrait aux gens de passage de mieux se diriger, tout en leur donnant l’envie d’y faire quelques achats auprès des commerçants de la commune. Pour ce faire, mais également pour assurer le financement de ces plans, il serait proposé aux commerçants locaux de présenter leur activité sous forme de pavés publicitaires, entourant le plan, affiché en différents endroits sur le domaine public.
Les maires étaient intéressés par la formule, dont l’initiative apparente était valorisante, alors même qu’elle ne leur coûtait rien.
Nos commerciaux, dénommés « accréditeurs » contactaient les villes petites et moyennes, pour convaincre les maires de nous accréditer pour cette opération commerciale. Ainsi une missive, au nom de la mairie, était ensuite envoyé à chaque patentés, pour les encourager à participer à l’opération, en y insérant une publicité payante.
Cela fait, nos commerciaux dits « publicitaires », se présentaient, suite à la lettre de la mairie, pour inviter les commerçants et artisans à souscrire.
Cette forme de publicité, nouvelle à l’époque, fonctionnait convenablement et la notoriété du Maire facilitait nos ventes.

J’installais mes bureaux rue de Ruat à Bordeaux et je recruter un commercial « accréditeurs » ainsi que trois commerciaux « publicitaires » … C’était parti. Six mois plus tard mon équipe s’était étoffé de huit nouveaux candidats, six commerciaux, un dessinateur et une secrétaire.

Une activité secondaire :

Nos affaires marchaient convenablement, mais nous avions une activité en « dents de scie » en fonction des accréditifs irréguliers signés avec les Mairies. C’est pour cela que j’ai décidé d’adjoindre à cette activité principale, une activité secondaire capable de venir au secours des creux dans notre planning.
Il convenait que cette adjonction soit rémunératrice pour tous : l’entreprise et le personnel qui s’y adonnait.  Il convenait également qu’elle soit praticable en périphérie immédiate de notre bureau pour éviter les déplacements.

En ces temps-là, les fumeurs n’étaient pas des parias et c’est d’ailleurs ainsi un je suis devenu un grand consommateur de cette addiction. Il était donc, de bon ton, d’offrir tous les accessoires s’y rapportant, comme les pochettes d’allumettes, par exemple.
Nous proposions aux commerçants de fabriquer pour leur compte des pochettes d’allumettes imprimées de leurs coordonnées. Ces pochettes, déposées dans une panière sur leurs comptoirs et offertes à leurs clients, véhiculeraient leur image. Pour l’efficacité, nous commencerions notre prospection par la fameuse rue Sainte-Catherine, une des rues les plus commerçantes de France, en prospectant les commerçants sur le côté pair de la rue, pour en même temps, livrer nos commandes préalables au côté impairs.
Parallèlement, je proposais à mon équipe, de partager les bénéfices en deux parts égales. La première au profit de l’Entreprise qui achetait le matériel d’impression et les fournitures, la seconde à se partager entre ceux qui prospectaient et ceux qui imprimaient.
L’Entreprise a donc acheté deux petites machines, importés des Etats-Unis, à imprimer par dorure à chaud et un premier lot de pochette d’allumettes à la Seita.
L’opération se déroulait comme prévu et les temps morts étaient donc l’occasion d’améliorer sensiblement la rémunération et aussi la motivation de l’équipe qui se sentait ainsi directement impliqué au projet.

Notre activité principale de réalisation de plan de ville publicitaire devenait de plus en plus régulière et le personnel avait tendance à privilégier l’affaire d’allumettes publicitaires bien rémunératrice. J’ai donc décider de cesser cette petite production et d’augmenter sensiblement leurs salaires.
J’ai stocké dans mon grenier les deux petites machines à imprimer.

Une opportunité :

Quelques mois plus tard, à la recherche d’un peu de trésorerie, pour finir d’acheter le mobilier de notre nouvelle maison de Martillac, j’observais dans mon grenier, ces deux ridicules machines d’impression qui ne valaient pas grand-chose. Sauf que… Si l’objet ne valait presque rien, son usage intelligent pouvait les transformer en affaire commerciale rentable : C’est donc ce que j’allais vendre.
Je passais une annonce, sur un journal d’annonces gratuites de l’époque, (Le Bon Coin n’existait pas) en proposant une activité secondaire à qui voulait se faire un complément de revenus. Quelques clients se sont présentés.
J’expliquais alors que j’allais leur proposer une idée commerciale simple leur permettant un revenu mensuel régulier et les moyens de le réaliser. Si mon exposé sur paperboard leur paraissait convaincant, ils s’engageaient à me permettre d’encaisser le chèque de la vente, déposé au préalable sur la table, à titre de garantie, car tout tenait dans l’idée.
Mon premier client était un commerçant qui possédait un pressing à Dax qui vivait au ralenti. Il cherchait donc une activité complémentaire à ses faibles revenus.
Mon exposé était assez bien préparé et démontrait par déduction logique la facilité d’atteindre l’objectif. Il y souscrit et je récupérais le chèque, avant de lui présenter finalement la petite machine, et son unique rouleau de papier dorure, avec un stock de 50 pochettes. Certes, il était alors un peu surpris, par l’aspect amateur et manuel de cet outil d’impression, mais l’affaire était faite et ma démonstration d’impression calmait son étonnement.

C’est ainsi, que j’ai cédé ces deux petites machines à dix fois leur prix d’achat.
L’aventure de « la boite d’allumette » était bel et bien terminée.

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