Episode 4 : La Saga de « Boraha-Village »

Une envie de cocotiers :

Nous sommes en 1995 et depuis un an, Ermelinda et moi, nous prospectons des régions tropicales, pour satisfaire  notre envie de cocotiers. Nous n’avons plus d’activités économiques significatives, en France, et nous avons décidé de nous expatrier, sous réserve de dénicher le bon endroit, pour entreprendre une activité dans le domaine touristique. Il convient de satisfaire à nos exigences respectives. Celles d’Ermelinda porte sur la situation climatique, politique et sociale. Les miennes sont économiques et financières. Afin d’éviter le risque de faire un choix inadapté, sur l’influence de la séduction du moment, nous avons réalisé un « cahier des charges » sous forme d’une liste d’interrogations.

Je ne parlerai pas des nonbreux endroits visités, sur différents continents, mais seulement à titre d’exemple :
Nous avons renoncé à Ilhabela sur l’île Soa Sebastiao au Brésil pour des raisons économiques. En effet, cet archipel sublime, à 25 kms au Sud du tropique du Capricorne, à 3 heures en voiture de Sao Paulo et 15 minutes de ferry, attire une clientèle brésilienne aisée et exigeante. La seule formule commercialement viable est la construction d’un hôtel luxueux, comparable aux Poussadas existantes, comme la « Poussada Villa da Prainha », où nous logeons. Une telle implanation ne respecterait pas le budget que nous avons prévu de limiter, égard aux risques concomitant à ce type d’investissement, en terre inconue. 

De même, bien que séduis par l’île Tioman (Pula Tioman en malais) située au large des côtes de la Malaisie, dans l’état de Pahang, nous renoncerons, pour ne pas avoir à vivre sous le joug d’une société dominée par la religion musulmane, avec les contraintes sociales qui en découlent.  

Nos amis du Cap-Ferret, Laurence et Thibaut, nous vantaient la qualité de leur séjour de résidence à Madagascar, en période hivernale française, qui était pour eux, comme commerçant saisonnier, un période d’inactivité. Ils s’étaient construit un bungalow sur la côte Est de l’île Sainte-Marie, situé à 30 kilomètres des côtes malgaches. Ils nous invitaient à les visiter, ce que nous avons fait à l’hiver 1995.

Les cases de notre liste d’exigences étaient favorablement cochées. Pour Ermelinda, des cocotiers plus qu’il n’en faut, une population aimable et avenante, aucune contrainte sociale particulière, un climat franchement tropical et des paysages à couper le souffle. Pour moi, une relative stabilité politique, non agressive, une liberté d’entreprendre sans obligation d’actionnariat local, des règles juridiques et législatives compréhensibles (car héritées de la colonisation française), une main d’œuvre accessible, un tourisme de découverte adapté à un investissement raisonnable, et enfin, la pratique répandue de la langue française.

Un décor de rêve.

L’île Sainte-Marie, Nosy Bohara en malgache, est surnomée « l’île aux pirates ». Cela est dû à son histoire passée, où les pirates européens, en avaient fait un lieu de repos, sur la route de leurs forfaitures. Elle en a aussi toute l’imagerie : des cascades, des lagons, des baies, une végétation luxuriante et une population métissée.
Nous avons choisi la côte Est de l’île, dificille d’accès, car aucun hôtel n’avait eu le courage de s’y installer alors même, qu’elle fait face à un lagon exceptionnel et vierge, sur trente kilomètres de côte de l’Océan Indien.
Depuis le petit aéroport du Sud, il fallait traverser l’île  vers l’Est, en empruntant quinze kilomètres de piste, plus ou moins (et plutôt moins) praticable suivant les pluies. Mais la récompense du paysage, une fois passée les colines, avec le lagon frangé de cocotiers, était à la hauteur du défi.
Les terrains côtiers, appartenant pour partie aux Domaines Maritimes, et pour l’autre à l’Etat ou à la Commune, sont magiques car ils surplombent de quelques mètres la plage, en offrant une vue impressionante sur la barrière de corail et ses brisants, à trois kilomètres au large. C’est irrésistible !

Une course d’obstacles :

Quelques obstacles se présentaient cependant. Il était commun de dire que, « devenir millionaire à Madagascar était facile : il suffisait d’y arriver milliardaire »! Par ailleurs, nous arrivions en couple, et on me demandait régulièrement « pourquoi je débarquais à Strasbourg avec ma saucisse », ou à « Montélimar avec mon nougat » !
Le consulat français à Antananarivo, présentait une statistique du résultat, après une année de présence, des français venus pour s’installer à Madagascar : Plus de 80 % avaient renoncé, pour rentrer en France, quelques peu démunis ou même ruinés.

Parrallèlement nous rencontrions régulièrement des « vazahas » (étrangers en malgache) venus pour s’installer et développer un projet de construction d’hôtel ou de restaurant. Ils nous racontaient leur parcours pour le moins cahotique, qui durait plusieurs mois ,sans véritablement avancer. Qu’il s’agisse des démarches administratives, des difficultés d’approvisionement ou des difficultés de construction, ils semblaient embués jusqu’au cou et au bord de l’abandon. Le fait qu’ils m’apparaissent, plus comme des aventuriers, que des véritables entrepreneurs, ne me rassurait qu’à moitié.

Ces premières observations nous décidèrent, à prende le temps d’expertiser ce contexte nouveau, afin de s’armer, en comprenant les règles du jeu. Avec le recul, je pense, que ces six mois d’observations et d’investigations, nous ont fait ensuite, gagner beaucoup de temps et d’argent.

Ainsi nous observions :
– Que le fait de ne pas pouvoir être propriétaire, en tant qu’étranger, du foncier à Madagascar, nous obligeait, pour occuper des terres, à négocier,avec beaucoup de patiente, un bail emphythéotique avec l’Etat. Ces terrains, situés en bordure immédiate du lagon, sont juridiquement la propiété de l’Etat et ils sont administrés par le Service des Domaines. Cependant, une famille s’en croit propriétaire, par le fait qu’un de leurs ancêtres l’a « piqueté », qu’ils ont planté des cocotiers, qu’ils l’entretiennent et y récoltent les noix de coco. De fait, il est admis, par l’administration, qu’ils ont un droit « d’usage », sans détenir cependant le moindre titre. Il est donc complexe de négocier un bail de longue durée avec au moins quatre parties concernées, plus tous les voisins contestataires.
Il faut donc convier, dans une sorte de réunion plainière, l’Administration des Domaines, La Commune, l’usager local, les voisins éventuellment constestataires, pour palabrer et convaincre, jusqu’à épuisement ou acceptation de toutes les parties, une seule opposition annulant toutes les acceptations.
C’est pour cela, que beaucoup d’étrangers renoncent, en se contentant de payer une « redevance de complaisance », ou plutôt de « tranquilité », versée directement à l’usager. Cette facilité compréhensible est pourtant dangeureuse. Non seulement vous êtes tributaire des caprices de « l’usager », qui aura une fâcheuse tendance à vous réclamer des augmentations éhontées, mais surtout dans l’illégalité face à la loi malgache, ce qui pourra vous conduire jusqu’à l’expulsion, bien entedu dès que vous aurez construit quelques batiments récupérables.
– Que les différentes autorisations de construction, d’exploitation, les normes, héritées du système prolifique de l’Administration française, mais très aléatoirement appliquées par le système africain, compliquaient sensiblement la tâche.
Tout est à l’avenant à Madagascar, dont la première plaie est l’Administration, qui fera tout pour garder la main mise avec l’épée de Damoclès de l’expulsion, sur votre tête.
Une seule solution existe pour éviter cet écueil majeur : prendre le temps et la patiente de vous mettre et vous maintenir en règle, ce qui est franchement plus facile à dire qu’à faire.
Mai ce genre d’épreuve, à le grand interêt de vous préparer aux qualités que vous devrez mettre en œuvre pour réussir dans votre parcours africain.

Nous observions aussi :
Nous avons également compris, l’organisation sociale et familiale des malgaches, l’importance des anciens et des morts, l’attachement à la terre inscrit dans la constitution.
Nous avons observé leur vie quotidienne, dans les petits villages de brousse, leurs croyances coutumières, leurs rites surprenants (le retournement des morts par exemple), l’importance des lieux sacrés et leurs interdits (Fady en malgache). 
Nonbreux sont les néophites ou les aventuriers de passage, qui vous expliqueront que le fameux « Backchich » est la solution. Ils se trompent et vous trompent, car si cette tendance facile, semble résoudre votre problème immédiat, elle sera particulièrement néfaste à moyen ou long terme. Tout d’abord, vous serez par cela, estampillé comme « bon payeur potentiel » et sollicité en permanence,  jusqu’à épuisement de votre caisse. Mais aussi, vous vous trouverez inévitablement confronté à l’exigence d’un Ministre, dont les prétentions seront bien au-delà de vos moyens. Et là, pas de cadeau, c’est manu militari, direction l’aéroport pour expulsion.
A Madagascar, il faut « avoir une main d’acier, dans un gant de velours ». Ne jamais chercher à passer en force car    « a trop avoir raison, on a tord » et le rapport de force sera toujours à votre désavantage. Il faut donc être poliment en règle.

Objectivement, une vision très pragmatique des contraintes, aurait dû nous faire renoncer. Mais comme « les gagnants trouvent des moyens, alors que les perdants trouvent des excuses », plus nous comprenions que cela semblait impossible, plus nous avions envie de le faire.
Nous commencions à mieux comprendre sur quel terrain nous allions jouer, il nous fallait trouver maintenant le moyen de bien jouer. Je me suis, pour ma part, imposé la « technique du Reset ». Elle consiste, face à une difficulté, de s’imposer une remise à zéro, de sa vision europeénne, pour se mettre en mode « pensée malgache ». Pour ce faire, je portais mon index droit sur ma tempe droite, et j’appuyais sur le bouton imaginaire « Reset ». Grâce à cela, je me donnais une véritable chance de convaincre mon interlocuteur.
Ainsi, je respectais le proverbe africain : « Il est plus utile de convaincre que de vaincre, parce qu’un convaincu est vaincu, alors qu’un vaincu n’est pas convaincu » .

Now let’s go :

Cette préparation nous a aidé à définir en détail notre projet : sa taille, sa catégorie, ses cibles commerciales, son organisation, son personnel, ses services , nos prévisions …ect…ect…
Nous avons également profité de cette période d’observation pour préparer les aspects pratiques de notre projet et établir un planning prévisionnel d’actions. Tout l’essentiel y est passé : la recherche du terrain, les formalités, les plans détaillés des constructions, l’accès, les approvisionements, la main d’œuvre, les équipements, l’organisation, le financement …ect…ect…

Nous trouvons un terrain, à Ambodevampeny (Ambo : En bout de… vampeny : Nom d’un arbre, soit au « bout de l’arbe ») qui borde le lagon, sur trois hectares, les négociations dureront 4 mois, puis les formalités 6 mois de plus, et sans traîner. Dans ce laps de temps, nous avons réalisé, la mise en forme, le défrichage, le nivellement et l’arrachage de plus de 200 souches.

Nous sommes en 1996 et j’ai choisi de m’adjoindre la compétence d’André, un camarade girondin, qui appréhende les travaux de construction et m’apparait capable de m’apporter une bonne assistance technique. Cela sera bien le cas, il ne ménagera pas ses efforts et poursuivra ensuite, un moment, son parcours dans l’action commerciale du service loisirs de l’hôtel. Mais les travers de la vie malgache et certaines rencontres le feront légèrement glisser vers la facilité. Il rentrera « rapidement » en France, quelques années plus tard, accompagné, d’une jeune et jolie malgache. Avec elle, il refondera un ménage et une famille qui, je pense, lui apporte du bonheur : c’est quand même pas si mal.

Il aura fallu, un an environ d’acharnement, avec une main d’œuvre pléthorique, pour venir à bout de nos constructions et de la consolidation de la piste, desservant Boraha-Village.

La piste d’accès, qui quitte la route Ouest, trois kilomètres après l’aéroport, pour bifurquer vers la côte Est était en mauvais état, car plus utilisée par des véhicules. Lors de pluies abondantes, elle se tranformait en champ de boue. J’ai obtenu le droit d’utiliser une ancienne carrière, utile pour empierrer sa surface. Nous y avons sacrifié une bonne vingtaine de brouettes et une centaine de pelles. Nous avons également refait ou consolidé une dizaine de petits ponts, qui enjambaient des fossés ou des petits cours d’eau. Une cinquantaine d’ouvriers ont réalisé ce travail harassant.

Une autre cinquantaine a construit 12 bungalows, les cuisines, un local garage à bateaux surplombé du restaurant avec un bureau au dessus, des locaux techniques (stocks, carburants, groupes électrogènes, matériels…), la case du gardien, une buanderie, un porche d’entrée, un ponton de 100 mètres sur le lagon.

Ces constructions étaient réalisées en dur pour la partie sanitaire, et en ossatre bois sur pilotis pour le reste. Nous avons fabriqué des moules en fer, de deux tailles, pour fabriquer nos parpaings, avec un mélage de sable, gravier et ciments, qui séchaient au soleil : C’était notre usine à parpaings. Nous achetions le bois, en palissandre, au port ,sur la côte Ouest, grâce aux arrivages de boutres qui apportaient du continent, à 30 kms en face, des bois dits carrés ou dits ronds, grossièrement taillés à l’herminette. Ils constituaient la struture, habillée ensuite de produits naturel locaux.

Nous avons egalement creusé et busé deux puits, élevés de deux trémies, pour l’alimentation en eau douce de l’ensembe, réalisé 16 fosses septiques et 3 kilomètres de drainages, un réservoir canalisant et stockant 30 M3 d’eau de pluie.   

Côté jardin, nous avons élagué, pour embellissement, les 50 cocotiers, les 30 ravenalas (arbre du voyageur), planté toutes sortes d’agrumes ou de plantes à épices (citrons, combava, poivre vert, vanille, basilic, anis étoilé, gimgembre, menthe, noix de cajou, girofle…). Nous avons engazonné deux hectares parsemés de quelques 200 dalles de circulation piétonne.  

Côté mobilier, il existait une petite menuiserie-ébénisterie en quasi faillitte, à la capitale Amboditfotatra, à 6 kms sur la piste, j’y ai investi pour sa remise à flot, ce qui m’a autorisé à déssiner et y faire réaliser l’essentiel de notre mobilier, completé par une commande à Tamatave.

Un container de France nous a fourni des équipements divers, notre vaisselle et ustenciles, des élements de décoration en complément de ceux achetés à Antannarivo, assez pauvre en choix à l’époque.

Durant cette grosse année de travaux, nous logions, Ermelinda et moi, au tout début à l’hôtel « La Baleine », où Albert nous accueillait, à l’Ouest de l’île. Chaque matin très tôt, nous rejoignions la côte Est en moto, nos sacs à dos chargés de bouteilles d’eau. Puis, nous avons logé dans la case de Laurence et Thibault, et enfin notre premier bungalow, à Boraha-Village. Le confort était rustique sans électricité, sans eau courante, pas de télephone, pas de télévision… J’ai pu constater la grande adaptation de Ermelinda, très motivée par ce genre de vie. Mais quel bonheur que cette première douche extérieure avec un bac d’eau fraîche qui coule abondament, ou ce premier WC , coulé en ciment. Sans ce partage de moments magiques suivi de moments galères, avec une compagne adaptée, ce parcours eut été non seulement cruel mais certainement impossible.
Trés heureusement, il est impossible de vivre ce quotidien d’efforts soutenus, sans les nombreux éclats de rires de cette population de brousse malgache, qui s’amuse de tout facilement avec une grande curiosité et une admiration de la « technique vazaha » !

Pas une semaine, sans que je puisse vous raconter des anecdotes hilarantes, mais aussi des emmerdements sans nom. Là également, il vaut mieux être armé d’une bonne dose de patiente et de philisophie, je retiendrai celle-ci :      « Le pessimiste voit de la difficulté dans chaque opportunité, alors que l’optimiste voit l’opportunité dans chaque difficulté »

Les autorités locales nous rendaient souvent visite par intérêt ou par curiosité (souvent les deux). Leurs sentiments étaient partagés entre admiration d’un côté, et des doutes sur notre santé mentale par ailleurs. Nous étions pour eux : « les fous de l’Est ».

Savoir faire et faire savoir :

Nous avions su faire, et tout début 1998, nous pouvions lancer notre opération de communication commerciale.
Une erreur d’appréciation nous a fait perdre six mois, jusqu’au moment où nous avons compris que la seule prospection des agences de voyages, tant à Madagascar qu’en France, ne répondait pas à l’arrivée significative de clients. L’apport d’un site Internet, non plus. Ceux qui détiennent la clé sont les Tours Opérateurs, dès lors que vous obtenez la parrution flateuse de votre Etablissement dans leurs catalogues. Les candidats sont nombreux, les élus sont rares. Il convient, pour les convaincre, de trouver la formule attractive qui s’insère parfaitement à leur ligne et à leur cible commerciale. J’ai donc trouvé la notre.
Les voyageurs européens vers Madagascar cherchent l’aventure et sont parfaitement servi pour cela, par de nombreuses offres de circuits réalisées sur place et commercialisées par des T.O spécialisés. La particularité de ces circuits réside dans la nature aléatoire des organisations, due aux conditions hasardeuses des infrastructures. Après un « baroud » de deux semaines, les clients qui avaient volontiers souscrits pour l’aventure, sont cependant épuisés par l’inconfort, dont ils n’imaginaient pas, qui leur était aussi essentiel. Ils aspirent donc à un « repos actif et sécurisant », dans un confort convenable. Nous allions surfer sur ce besoin.
« Venez passer votre dernière semaine malgache, dans le confort d’un havre de paix sécurisé au bord d’un lagon somptueux. Bien sûr, vous pourrez farnienter sur le ponton, et déguster une cuisine d’exception au restaurant, mais aussi, connaissant votre vraie nature, vous pourrez aller découvrir l’ îlot aux sables dans l’Océan Indien, ou visiter le Cimetière des Pirates en pirogue à travers la mangrove. Venez donc à Boraha-Village. »
C’est ainsi que j’ai convaincu, notre premier TO « Nouvelles Frontières » qui, dans son catalogue « Aventures et Découvertes » nous a réservé une page. Ils allaient diriger leurs clients en circuit vers Boraha-Village pour leur dernière semaine de voyage. Et là, ça change tout !

Entre-temps, compte tenu de la difficulté de lancement, j’avais organisé l’offre « pêche » et engagé pour cela, Olivier, un jeune guide professionnel compétent. C’est une option dificille à gérer, mais qui offre le gros avantage d’un ciblage facile de la clientèle, tous lecteurs de revues, comme la  « Pêche en mer ». Mais attention, ces pêcheurs  sont exigeants, car ils ont l’habitude des scores obtenus dans des régions trés poissonneuses. Pour nous parrer des désagréments de leur éventuel mécontentement, nous avons là aussi, trouvé une formule défensive. Ces pêcheurs, qui ont souvent de bons moyens financiers, vont pêcher, dès qu’ils le peuvent, aux quatre coins du monde, dans des endroits peu attractifs touristiquement. Ils acceptent souvent de faire un voyage par an, purement touristique, sans intérêt pour eux, mais obligatoire pour éviter le divorce. Nous leurs servirons sur un plateau, la réponse à cette obligation sociale, tout en répondant à leur besoin effréné de pêche. Voici notre réclame :
Amis pêcheurs, nous savons combien vous peine votre futur « voyage social obligatoire » dans un cinq étoiles insignifiant. Vous pouvez vous éviter ce suplice, car chez nous à Boraha-Village, vous pourrez cumuler le plaisir du séjour de votre épouse dans notre paradis, mais aussi faire tôt, le matin, une belle partie de pêche. Vous la retrouverez pour déjeuner sur le ponton.
Nous avions inventé la formule idéale du « voyage social pour pêcheurs invétérrés » et nous allions la vendre.

C’est ainsi que depuis 1998, notre chiffre d’affaires qui suivait notre remplissage, n’a cessé de pogresser.

Gérer et diriger :

Jusqu’en début 2000, Ermelinda et moi, nous partagions l’ensemble des tâches de direction. Elle excellait dans tous les aspects pratiques du confort de nos clients, avec un goût du détail, bien utile à notre personnel malgache. L’ordre, la propreté des logements, le service, et la qualité de notre restauration originale qui nous servait d’une réputation haut de game, ont été des atouts majeurs de notre dévellopement. Je gérais le reste.
En 2000, nous avons décidé d’engager une assitante de direction et nous avons contacté Marjorie, une connaissance disponible. Elle s’est présentée avec son ami français Christian. Nous avons décidé d’embaucher les deux car Christian, pouvait devenir notre futur Directeur. C’est ce qui s’est passé, quelques temps plus tard, alors que Marjorie partait voguer ailleurs, car ses relations personnelles avec son ami se dégradaient sensiblement. Christian a ainsi dirigé Boraha-Village pendant 2 ans, y compris la période d’arrêt du tourisme suite à des troubles poltiques en 2001. C’est un Directeur très sérieux (presque trop), rigoureux, très attentif à la clientèle et d’une hônéteté exemplaire. Il a bien rempli sa mission, pendant notre absence, malgré quelque lassitude à supporter « ces enfants malgaches » qui sont un trait caractéristique du personnel là-bas. Il partira ensuite dans le plus luxueux hôtel de l’ile sur la côte Ouest. Nous sommes devenus et restés amis, y compris ce jour, où il peut lire ce récit en avant première.

Le volume d’affaire nécessitait cependant un nouveau responsable et nous avons rencontré Laura, une Italienne, qui deviendra mon « Italienne préférée », et qui l’est toujours aujourd’hui. Cette fille, est tout simplement, à mes yeux, magique. C’est vrai cependant que, motivée pour apporter une nouvelle clientèle Italienne, qu’elle savait capter, notre restaurant avait tendance à se tranformer en pizzeria.
Avec elle, aux commandes, nous pouvions Ermelinda, Paul et moi, nous exhiler à Antanarivo, pour satisfaire à une bonne école française, nous évitant de faire de Paul, un futur petit broussard.
A la vente de Boraha-Village en 2007, Laura quittera Sainte-Marie, pour prendre la direction d’un hôtel à Nosy Be, par incompatibilité avec les nouveaux acquéreurs.

Nous avons donc quitté :

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