Rétrospection économique

Très jeune, on m’a raconté que Jésus, fils de Dieu, marchait sur l’eau, multipliait les pains et guérissait les aveugles et cela m’a surtout convaincu de sa forte capacité à convaincre.
Dans le cadre de mes activités paroissiales d’adolescent précoce, je me suis associé avec son église, car le seul talent que j’avais, était d’avoir de l’audace. Il me fallait un partenaire à la hauteur.
Ainsi, Jésus, que je n‘ai cependant jamais vraiment rencontré, fut mon meilleur VRP, capable de promouvoir sans autre effort que son image, les petites activités, plus ou moins lucratives, que mon imagination pouvait me servir.
Plus tard, comme j’avais le sentiment d’avoir épuisé ce capital commercial, je me suis séparé de Dieu à l’amiable.

Mais, j’avais observé que l’argent était préférable à la pauvreté. Aussi, le matin, plutôt que de rester couché à poursuivre mes rêves de la nuit, je me levais pour tenter de les réaliser.
J’ai compris que la différence entre ce que je voulais et ce que j’étais, serait ce que je ferais.
J’ai donc essayé d’agir en homme de pensée et surtout de penser en homme d’action, et j’ai dû, pour cela, combattre nombre de mes travers naturels affligeants, sans toujours y parvenir.

Je pouvais prendre des risques, car je ne prenais pas la vie trop au sérieux, ayant compris que de toute façon, on n’en sortait pas vivant. Cependant, mes goûts, mes connaissances et mes aptitudes m’ont limité à des petites entreprises, car conscient que je n’aurai qu’une seule vie, j’ai préféré le plaisir du jeu en petit format, aux affres de la puissance du pouvoir, dans une organisation plus importante.

J’ai eu de la chance, car je n’ai jamais eu de sérieux problèmes, mais seulement quelques problèmes sérieux.

Les impôts qui voulaient ma peau m’ont souvent dit : vous êtes tordu, on va vous redresser. Ils ont décidé de recouvrir, avec une procédure, sans abattement…. J’étais pourtant déjà abattu. Puis battu, j’ai payé, ils ont appauvri ma trésorerie, mais enrichi mes performances futures.

J’ai considéré l’impôt sur la fortune (ISF), comme une punition pour avoir économisé sur mes revenus, cependant déjà taxés, en solidarité de ceux qui avaient trop dépensé.

Je suis cependant resté optimiste car j’avais tendance à voir une opportunité en chaque problème et non un problème en chaque opportunité, principe cependant limité aux idées en stock, en ma possession.


Je n’ai jamais adhéré à des syndicats, que j’observais, dans leurs pratiques, comme des sortes de « Clubs de naufrageurs », qui s’apitoyaient sur le sort des naufragés. La valorisation de leur fonds de commerce justifiant la revendication destructive et aveugle, au détriment de la volonté de construction d’un meilleur, quitte à abandonner sur le carreau ceux qu’ils représentent. Il m’apparaissait que leur encrage politique dévoyait la noblesse initiale de leur mission.

Aucun partis politiques ne m’a convaincu détenir une vérité universelle, et j’ai refusé de m’enfermer dans une idéologie, dont le principe m’interdisait de juger positives des idées différentes, au seul fait qu’elles seraient concurrentes.
J’étais cependant plus proche des français de droite, ces chiens qui se cachent égoïstement derrière leurs niches car je trouvais que c’était mieux, qu’être un français de gauche, qui se distingue, trop souvent, par son acharnement à vouloir éradiquer les riches, pour qu’il n’y ait plus que des pauvres !

Comme je ne pouvais faire que ce qui soit juste soit fort, j’ai fait en sorte que ce qui soit fort, soit juste, ou juste fort. Cet arrangement pratique m’a souvent servi, et parfois sévèrement puni.

Si j’ai souvent convaincu, je n’ai pas, pour autant, toujours vaincu car, après coup et trop tard, avec le recul du temps, la réalité du concret vécu, s’est heurtée à l’apparence du charme de l’instant. Le retour de bâton était alors inéluctable.

J’ai porté attention au choix de mes partenaires, car j’ai compris qu’il était moins dangereux de traverser le désert avec quelqu’un qui savait, que de traverser la route avec un ignorant. Cette attention m’a offert de grandes satisfactions et quelques rares déceptions, mais je pense, qu’elle a souvent révélé, chez mes contacts, des talents ou des qualités insoupçonnés. Ce n’était pas toujours parfait, mais la saveur ne manquait pas.  

Aujourd’hui, plus vieux, j’ai beaucoup plus de temps que quand j’étais jeune et je me dis que c’est parce que je dois faire les choses plus vite ! Aussi, à force de passer du temps à ne rien faire, je m’aperçois que ne rien faire, c’est quand même, faire quelque chose.

Je ne fais plus de prévisions car je me suis aperçu que les prévisions sont difficiles, surtout lorsqu’il s’agit de l’avenir. Les inconnues méconnues, ne servent à rien puisqu’on ne les connaît pas.

On dit que le passé devient important, quand l’avenir n’en a plus. Mais, il reste le présent, pour lequel je préfère écrire mes pensées en pensant mes écrits, plutôt que de brailler en tweetant.

C’est, peut-être, parce que je suis plus sensible à la raison qu’aux réseaux.

Aujourd’hui, j’observe que ce parcours assez coloré et désordonné, me permet d’accepter les vicissitudes de la vieillesse, avec la satisfaction d’avoir utilisé correctement les outils que la société a mis à ma disposition.

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