De l’écriture inclusive

Par Alain.

Je ne sais pas vous, mais moi j’ai un vague sentiment que tout ne va pas pour le mieux ces derniers temps. Non, je n’évoque pas la pandémie qui fait le bonheur des gazettes et permet à nombre de nos contemporains de disserter autour d’un petit blanc-cassis dans nos  bistrots nationaux, mais plutôt l’étendue des problèmes auxquels nous  sommes confrontés face à nos voisins.

La catastrophe a débuté avec notre élimination de l’Euro de foot par… la Suisse ! Rendez-vous compte, la Suisse, ce minuscule pays rempli d’Helvètes, de ruminants  et de banques gavées d’avoirs consciencieusement amassés par de petits épargnants sérieux et économes. Ce semblant de territoire incapable de fabriquer du fromage sans trou a ruiné tous les espoirs footballistiques de nos glorieux joueurs, c’est désolant. Quant au Tour de France, je ne vous en parle pas, d’ailleurs si ; cela commence par le risque d’implosion du conomètre, suite à l’intervention intempestive d’une spectatrice qui n’a manifestement pas la lumière à tous les étages, et qui, pour montrer sa bobine à la télé, fait tomber plusieurs dizaines de cyclistes… Cela continue par l’arrogante suprématie d’un Slovène, au nom imprononçable, qui renvoie nos compatriotes dans les choux. Attention, je n’ai rien contre les Slovènes, je ne savais même pas que ce pays existait, c’est dire !

Pour couronner le tout, le déstructuré capillaire, ci-devant Premier ministre de Sa Majesté, nous déclare la guerre de la saucisse. En cause : les divergences entre Londres et les Européens sur les contrôles imposés à certains échanges entre la Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord. Le ton est monté entre notre cher Président et l’agité du bocal qui, perfidement comme à son habitude, se permet de comparer notre saucisse de Toulouse à l’innommable bouillie tristounette et replète qu’il ose appeler saucisse. C’en est risible ! D’ailleurs, dans cette passe d’armes, nous avons le soutien inconditionnel de nos amis d’outre-Rhin qui, avec leur Kolossal  Bratwurst sont aux avant-postes de la charcuterie roborative.

Et comme si cela ne suffisait pas, voilà nos penseurs hexagonaux prêts à nous remettre une couche de leur écriture inclusive. Pour le lecteur sortant de sa grotte après une longue hibernation, je précise que ce terme recouvre un langage permettant de n’exclure personne pour motif de sexe, d’âge, d’origine ethnique ou d’orientation sexuelle. La définition officielle est la suivante : « Ensemble d’attentions graphiques et syntaxiques permettant d’assurer une égalité des représentations entre les femmes et les hommes ». Bon, je ne suis pas sectaire et j’accepte toute forme de pensée, pour preuve, moi qui vous endors avec mes élucubrations, je souscris totalement à la doctrine Vegan tendance choucroute et cassoulet ! Mais en l’espèce, triturer ainsi la langue française, sous prétexte de « lutter contre les inégalités de notre société » me fait pouffer.

Afin de ne vexer personne, il convient donc d’écrire ainsi : chef.fe d’entreprise, lecteur-rice, écrivain.ne. Il est par contre possible afin de ne pas alourdir un texte d’utiliser un mot épicène, soit : au lieu d’écrire le rédacteur ou la rédactrice, préférer le terme journaliste. De nouveaux pronoms ont été créés afin d’inclure le plus de personnes possibles : celleux (celles et ceux), ielles (ils ou elles), elleux (elles et eux)… J’arrête là ce salmigondis indigeste en vous précisant que je n’invente rien ; ces éléments sont un tout petit extrait d’une brillante étude d’un groupe de chercheurs dirigé par un « Docteur en analyse du discours ». Une génuflexion s’impose !

Mais enfin, ces maniaco-dépressifs n’ont-ils rien de mieux à faire ? Disposant manifestement de temps libre, l’on pourrait les occuper à des tâches plus utiles, comme par exemple calculer le pourcentage de déjections canines sur les trottoirs de nos villes, réaliser une équation entre la météo et la quantité de jours de grève dans l’Education nationale, évaluer la productivité des comités Théodule, ou mieux encore, nous pondre un volumineux rapport destiné à nos dirigeants. Cela aurait le mérite de favoriser l’embauche de femmes de ménages – pardon de technicien.ne.s de surface – affectées à vider quotidiennement les panières de bureaux des différents ministères. Accessoirement, nos branquignols auraient l’honneur d’être reçus officiellement sous les ors de la République et bénéficier d’un apéro petits fours.

Cependant un problème se pose : qu’en pensent les intéressées ? Attaché à la démocratie, j’ai donc décidé de lancer un grand référendum auprès de la population concernée, et pour ce faire j’ai réuni un panel représentatif (mon épouse et ma fille) en posant cette question simple : Etes-vous pour  ou contre l’écriture inclusive ? Au vu du résultat, certains esprits chagrins objecteront  que tout cela sent le tripatouillage et la république bananière, n’empêche que 100 % de contre, il fallait le faire ! Je vous épargnerai d’ailleurs le commentaire un peu excessif d’une électrice qui entacherait la bonne tenue de ce scrutin.

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