De la pénurie

Par Alain,

Je ne sais pas vous, mais moi, la prochaine pénurie me tourmente depuis un certain temps. Non je n’évoque pas ici les problèmes auxquels sont confrontés nos ex-amis anglais (bien fait pour eux)…

Tiens ! A ce sujet permettez-moi un aparté ; dans le différend qui nous oppose, j’avais apprécié la position martiale de nos dirigeants, et j’imaginais déjà notre glorieux Empereur Président entraînant fièrement notre armée, au son vengeur du Chant du départ, bouter l’Anglais hors de nos eaux territoriales. D’ailleurs, pourquoi ne pas pousser jusqu’à Londres et faire ravaler une de leurs innommables saucisses au désorganisé chevelu, ci-devant Premier ministre de sa Très Fatiguée Majesté ? Eh bien non ! C’est Munich ! On tergiverse, on hésite, on chipote, on ergote, bref, c’est foutu, et l’abandon de la politique canonnière désole le gentil citoyen pacifiste que je suis. Notez que les éditorialistes des tabloïds anglais ont d’ailleurs qualifié le report de notre ultimatum comme « une énorme reculade de la part de Macron, coq de basse-cour oléagineux ».

Après cette amère déception, revenons à cette fameuse pénurie qui inquiète également au plus haut point les états-majors de nos partis politiques : disposerons-nous de suffisamment de promesses électorales d’ici les élections présidentielles ? Car le constat est sans appel, tout le monde est parti trop fort, trop vite, sans se concerter, affolant la distribution et épuisant les stocks, tant et si bien que le risque d’assèchement plane sur les différents candidats. Alors que faire ?

Cela phosphore dur chez les impétrants, et pour suivre ce rythme effréné, la surenchère s’avère incontournable. Les états-majors des partis l’ont bien compris et les idées fusent de toutes parts : faudra-t-il promettre de quadrupler le salaire des enseignants ?  Ou bien serait-il préférable de frapper un grand coup, en accordant à tous les salariés la semaine de vingt heures, payée quarante, dont huit en heures supplémentaires majorées, et douze en RTT ?… Renvoyer chez eux tous les immigrés ? Mais que faire de plus quand cette obsession tourne en boucle et que l’absence d’autres propositions est patente ? Interdire la consommation de couscous et autres baklavas ?… Abaisser la majorité à huit ans en prévoyant à la sortie des urnes un panier débordant de friandises Haribo ?…  Fermer définitivement les centrales nucléaires et fournir à chaque Français un vélo relié à une batterie afin qu’il puisse assurer son autosuffisance énergétique ? 

Comme dirait ma grand-mère, avec ce salmigondis une vache n’y retrouverait pas ses veaux ! Heureusement, dans ce concert de solutions, certains ne perdent pas le sens de l’humour ; ainsi, lors d’une réunion au sommet d’un staff chargé de trouver des idées innovantes, un membre, constatant la grande tension psychique des présents, a proposé de dire la vérité aux Français en leur promettant de les faire travailler plus, et exiger de chacun quarante mille euros afin d’apurer la dette du pays. Cette aimable plaisanterie a déclenché l’hilarité des participants et détendu l’atmosphère, permettant à chacun de reprendre sereinement  le cours des discussions.

En fait, le plus habile, c’est notre bien-aimé Président ; foin de promesses et d’autres engagements ! Lui qui a le sens de l’immédiateté distribue dès à présent et sans compter la manne bienfaisante. Il arrose à tout-va, sans mesquinerie aucune, ni calcul politique. C’est trop fort !

Un avis sur « De la pénurie »

  1. Pas dénué de mordant !
    Nos chers british on comme d’habitude bien su noyé le poisson en prolongeant les négociations ce qui me fait doucement rire quand je vois les lauriers tissés à l’un de nos impétrants à la présidentielle. Ceci dit il est incontestable que le florilège des promesses qui ne seront jamais tenues n’aura de cesse de s’amplifier d’ici cette échéance qui n’est que la validation du candidat désigné par les système comme étant le plus compatible.
    En ce qui me concerne, je me demande quand est-ce qu’aura lieu le prochain crac boursier dont l’indice du CAC40 ne reflète aucunement l’état réel de l’économie, mais celui du niveau de spéculation du « quoi qu’il en coûte » de l’argent crée par la planche à billet !

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