De la dérive écolo palmipède

Par Alain.

Je ne sais pas vous, mais moi je me réjouis à l’avance de déguster l’excellent foie gras en terrine que prépare avec amour ma fille, pour les fêtes. Un vieux Sauternes de derrière les fagots devrait transcender ce mets délicieux, preuve, s’il en était besoin, du génie culinaire français. MAIS C’EST MAL ! Car de hauts responsables écolo-dictatoriaux dénoncent avec vigueur cette pratique. Et je sens bien venir le temps où, comme les premiers chrétiens repliés dans les catacombes, c’est en catimini, de peur d’être dénoncés, que nous pourrons assouvir ce plaisir politiquement incorrect.

Mon cher grand-père n’avait qu’une religion, la table ! Et une devise « Le ciel est trop haut, la terre trop basse, seule la table est à hauteur de l’honnête homme». C’est heureux que l’épicurien éclairé qu’il était ne soit plus de ce triste monde. Cela lui épargne les positions intolérantes de certains écologistes aux manettes de municipalités. Après Strasbourg, berceau du foie gras, c’est au tour de Grenoble et Lyon de passer sous les fourches caudines de ces ayatollahs sectaires et dogmatiques. La palme (ipède !) revient à Eric Piolle, premier magistrat et candidat malheureux de la primaire écolo, qui estime que la production de foie gras est « une honte française » et fait retirer cette horreur des cantines grenobloises… Parce que nos chères têtes blondes* s’empiffreraient ainsi à la cantine ?

Certes, je ne suis pas indifférent à l’argument du bien-être animal tant il est vrai que le gavage n’est pas une partie de plaisir pour le malheureux volatile concerné. Sans doute serait-il opportun de lui proposer une assistance psychologique en insistant sur sa sublime destinée. Quant aux tristes personnages à l’origine de ces diktats, ils ont l’empathie bien sélective : ont-ils songé un instant à la douleur du poireau arraché à sa terre nourricière ?

En justification, on me cite également certains pays comme précurseurs de cette interdiction ; c’est le cas notamment de nos ex-amis d’outre-Manche qui, n’étant pas à un paradoxe près, viennent dans la foulée d’interdire de plonger le homard vivant dans l’eau bouillante, tout en détournant pudiquement les yeux des migrants qui se baignent dans le Channel…

Apparemment, le maire de Bordeaux n’a dans l’immédiat  pas pris position sur cet épineux problème, trop occupé sans doute par l‘installation monumentale faite de verre et d’acier qui désormais, pour les fêtes, trônera fièrement en lieu et place du véritable sapin, abomination absolue qui donnait des boutons à l’édile.  Ce sont des raisons écologiques et économiques qui ont dicté ce choix ô combien judicieux. Cependant, l’on voudra bien m’expliquer ce qu’il y a d’écologique dans une construction d’acier et de verre… quant à l’économie réalisée, le maire s’est bien gardé d’indiquer le coût réel de cette structure, et ses explications oiseuses feraient s’esclaffer toute une compagnie d’experts-comptables…

En attendant, je promets, après mes agapes, de revêtir un long cilice, faire pénitence et me mortifier longuement en espérant une indulgence plénière des joyeux drilles verts qui prétendent diriger le pays.

*Nota : Afin de ne pas subir les foudres des différentes associations à l’affût du moindre dérapage sémantique, je tiens à repréciser que lorsque j’évoque la notion de « tête blonde » vous devez en comprendre le terme générique qui englobe toute pilosité – ou absence de celle-ci – de toute couleur, toute forme, tout genre, tout style ou absence de style, dans sa forme actuelle, passée ou à venir.

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