Quand le monde ne nous convient pas.

Quand notre monde ne nous convient pas, il suffit d’en créer un autre. Peu importe qu’il soit réel ou virtuel, il suffit qu’il nous convienne.

Pour ceux qui, comme moi, pense toujours, que quand l’assiette est vide, la cuillère ne nourrit pas, cette démonstration oblige à quelques contorsions cérébrales, pour accepter cet état de fait.

Et c’est bien ce que nous venons de faire avec la création du « crédit infini » à travers le « quoi qu’il en coûte ».
Avant, nous croyions à l’absolue nécessité de respecter les normes budgétaires, de contenir l’endettement. Un virus mondial est arrivé et il a fallu que la croissance s’arrête pour que nous découvrions des moyens, jamais imaginés, pour la contenir et la relancer : tout ce qui était interdit est alors subitement devenu possible.
Au diable les contraintes du déficit. Besoin d’argent, et la planète finance a mis moins de temps à fournir des centaines de milliards, que l’industrie à produire des masques.


Maintenant que l’on a ouvert la « boîte de Pandore », il risque être impossible de la refermer. La prochaine crise ne nous laissera plus d’alternative.

A mes yeux, la masse monétaire disponible mondialement est la stricte représentation du montant de notre capacité de production. Autrement dit, nous ne disposons réellement que de l’argent que notre production fabrique. Cette masse monétaire est alors répartie, de manière parfaitement inégalitaire, entre les états riches et pauvres, les institutions et les individus, très riches, riches, pauvres et très pauvres.
Pour se sortir de cet enfermement, nous avons inventé le crédit, cet outil magique qui nous permet de dépenser de suite, pour payer plus tard.
Autrefois, tout prêt exigeait l’existence d’un emprunteur et d’un prêteur. A l’échelle de la planète, la mondialisation et la circulation sans limite des capitaux a rendu cette exigence obsolète : nous pouvons aujourd’hui créer de l’argent qui n’existe que grâce à notre certitude de pouvoir le rembourser plus tard.
Nous pouvons fabriquer de la monnaie sans contrepartie, et nous l’avons déjà fait par le passé. Mais alors, à l’époque, le retour de bâton était immédiat et l’inflation compensait rapidement cette anomalie, en dévalorisant la valeur de la monnaie, pour imposer de revenir à l’équilibre production, création.
Nos outils financiers actuels, et le poids de nos banques centrales, nous permettent maintenant cette contorsion.
En 2021, la dette mondiale est estimée à 226 0000 milliards de dollars soit plus de 256% du PIB mondial.
Le crédit, autrefois nominatif est devenu mondialement abstrait : le préteur, autrefois Dupont ou Durand est devenu le préteur « monde ». 
Mais voilà, ce système ne fonctionne que lorsque le monde a suffisamment peur pour nous faire momentanément oublier l’aspect factice et ponctuel de ce déséquilibre, contraire à la physique : l’assiette est vide mais elle nous apparaît pleine et cette illusion nous convient.  

Lorsque la situation sera redevenue « normale », nous découvrirons la vérité qui nous sautera aux yeux comme un mauvais retour de bâton.



Il faudra alors rembourser cette dette virtuelle, sans prêteur identifié.
Peut-être que cette situation permettra enfin de résoudre partiellement l’injustice des inégalités de fortune.
En effet, le remboursement exigera que les plus riches se démunissent, contre leur grès, car c’est les seuls à pouvoir le faire, au profit des plus pauvres. Cela permettra alors de lisser ou de mieux répartir la dette. Cela fait, nous serons bien obligés de constater que le compte n’y est pas, puisque nous avions emprunté au-delà de cette limite.
La seule façon de répondre à cette cruelle constatation sera alors de produire plus qu’on ne dépense, le temps d’éponger notre dette.

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