Nunc est bibendum

Par Alain,

Je ne sais vous, mais moi je viens de découvrir une information pratiquement passée inaperçue qui me réjouit fort : notre bien-aimé Empereur Président est récompensé pour sa défense du vin français, lui qui avoue sans honte aucune, boire  ce délicieux nectar à chaque repas. L’excellente Revue des vins de France vient en effet de lui décerner le titre convoité de personnalité de l’année. Ce n’est pas rien ! D’autant que cette noble distinction lui est attribuée alors que débute à peine le « Dry January » (notez l’anglicisme imbécile), opération qui consiste à ne pas boire une goutte d’alcool ce mois de janvier. Cette brillante idée nous vient, bien sûr, des buveurs d’eau chaude d’outre-Manche, jamais à court d’idées saugrenues, et je ne serais pas étonné que le déstructuré capillaire, dont la perfidie n’est plus à démontrer, y soit pour quelque chose.

C’est curieux d’ailleurs cette propension à instituer des journées de commémoration dont la liste démontre, s’il en était besoin, de l’imagination sans borne de nos contemporains. Une véritable inflation avec 610 propositions pour une année ; chacun peut donc, en fonction de sa propre sensibilité, y trouver son bonheur. Tiens, par exemple à l’heure où j’écris ces élucubrations,  c’est la journée de la quenouille… demain sera la journée internationale du bain moussant… suivront celles de la Corse puis de la langue Hindi. Ainsi s’égrène tout au long de l’année un immense fourre-tout, dans lequel, malgré mes recherches assidues,  je n’ai pu que constater avec déception l’absence de l’appel à une journée mondiale sans connerie.

Mais une fois de plus je digresse. Revenons donc à notre Président, raisonnable buveur qui vide avec délectation la cave de l’Elysées, mais dont mon cher grand-père assurerait « qu’un homme qui boit du vin ne peut pas être foncièrement mauvais ». Cet heureux récipiendaire, lors de son discours de remerciements  à la profession viticole, a souligné « ce monde d’excellence qui irrigue nos territoires » et précisé que « Vous êtes des enracinés qui ont soif d’embrasser le monde ». Superbes métaphores qui m’ont fait monter les larmes aux yeux, juste après la dégustation d’un excellent foie gras copieusement arrosé d’un vieux Sauternes.

Ah ! Quelle belle revanche face aux ayatollahs de tous poils qui fustigent nos choix de vie en voulant nous imposer quoi et comment manger, quoi boire ou pas. Ces intégristes engagés parfois même dans une invraisemblable démarche malthusienne, nous façonnent un quotidien fait d’interdits et d’obligations. Finalement, le mieux serait de cesser de vivre car vivre pollue !

Nos glorieux ancêtres avaient montré la voie : Pasteur – qui n’était pas n’importe qui – affirmait que « Le vin est la plus saine et la plus hygiénique des boissons ». Quant aux études de l’époque – complètement bidonnées – elles assuraient que  87% des centenaires étaient des buveurs de vin et que la moyenne de la vie humaine s’établissait à 59 ans pour un buveur d’eau et 65 ans pour un buveur de vin. 

Une bien belle époque qui préconisait de faire boire du vin à nos bambins dès quatre ans et quotidiennement deux litres de vin  à l’honnête travailleur !

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