Entre espoir et souhait

Il ne faut pas espérer une fin rapide de la guerre en Ukraine.
Faut-il même la souhaiter ?

Ces propos portent atteinte à notre sentiment d’empathie envers le peuple ukrainien et ses intolérables souffrances. Mais il est des situations, heureusement rares, dans lesquelles notre sentiment d’empathie guide nos souhaits à l’encontre de la nécessité.
Il en découle, soit d’avoir à supporter une grande déconvenue due à notre espoir déçu, soit d’avoir à souffrir de constater, que la réalisation de nos souhaits, apporte un résultat opposé à son fondement.

Pourquoi ?

Sur nos espoirs.
La probabilité d’une fin rapide du conflit ukrainien est faible, car les conditions exigées par les deux parties, pour un cessez le feu, passent par des exigences réciproques actuellement inconciliables.
L’espoir d’une fin de conflit rapide, nous conduit à élaborer des stratégies qui sont conformes à cette improbabilité, ce qui les rend mauvaises.
Ce n’est, hélas, qu’en prenant des mesures adaptées à la réalité la plus probable des évènements futurs, que nous sommes capables de les rendre efficaces.

Il convient donc d’adapter nos espoirs à la plus forte probabilité.

Sur nos souhaits.
Laisser nos souhaits guider notre stratégie risque de nous imposer un résultat à l’opposé de ce que nous souhaitons.
Il est normal que nos souhaits aillent vers la recherche d’une fin rapide des souffrances insupportables du peuple ukrainien.
Ces souhaits nous conduisent donc naturellement, à rechercher et à mettre en œuvre les mesures possibles, qui permettraient l’arrêt de cette guerre.
Ils occultent la projection des évènements qui découleraient de l’obtention de cet objectif immédiat.
En effet, seule deux situations permettent un arrêt rapide des combats : La reddition de l’une ou l’autre des parties ou la négociation entre les deux parties.
Qu’il s’agisse de la reddition ou de la négociation, les conséquences seraient du même ordre.
La reddition (de l’Ukraine s’entend) offrirait à V. Poutine une éclatante réussite de sa stratégie le confortant, non seulement dans son pouvoir, mais aussi dans sa farouche volonté d’hégémonie, ce qui le conduirait à poursuivre ses conquêtes idéologiques et territoriales.
Il en serait de même pour la négociation car nous savons tous, que V. Poutine ne peut la conclure, que s’il en sort la « tête haute », avec l’image du vainqueur.
Cette situation engagerait, sans délai, deux conséquences certainement bien plus catastrophiques.
La première serait l’asservissement du peuple ukrainien pour longtemps, avec des contraintes insupportables et une probable extermination de masse, engendrée par la répression violente, que ne manquerait pas de pratiquer Poutine à l’encontre des très nombreux dissidents ukrainiens.
La deuxième serait la très forte probabilité d’un conflit beaucoup plus large, voir mondial, dû à l’obligation de stopper les velléités de Poutine à poursuivre ses conquêtes idéologiques à l’encontre de la démocratie européenne.
Nous nous retrouverions rapidement dans la même situation, la liberté ukrainienne en moins.

Dans les deux cas, il s’agirait bien de « reculer pour mieux sauter ».

La réalité.
La réalité est cruelle.
Elle nous oblige à constater que la seule solution à notre portée se trouve dans la déchéance du pouvoir de Poutine.
Il est effectivement cruel de s’imposer cette réalité en comprenant que, seule la durée du conflit actuel permettra, de créer les conditions de cette déchéance. Le temps joue à l’avantage de la situation qui permettra d’atteindre cet objectif.
Pour Poutine, la seule issue acceptable est de « gagner la guerre », alors que pour l’Ukraine, il suffit « de ne pas la perdre ».
Il a déjà perdu la guerre de l’opinion internationale. Le maintien de l’opinion favorable des Russes ne tient que par sa capacité de désinformation et de répression. Il ne reste plus qu’à le laisser s’enfoncer dans le bourbier ukrainien. Petit à petit, mais sûrement, l’ensemble des mesures économiques répressives ainsi que la difficulté à masquer la réalité à son peuple, font leur chemin. La route conduisant au point de rupture est longue, difficile, mais sûre.

La réalité nous oblige donc à aider les Ukrainiens à poursuivre leur combat pour leur liberté et la nôtre. Nous sommes contraints, pour cela, non seulement de partager leurs souffrances, mais aussi d’accepter les nôtres. Les effets de la récession économique en Europe qui découleront des mesures prises contre la Russie risquent d’être très forts.     

Parallèlement.
Offrir à la Chine les bonnes conditions de faire de la Russie son vassal, est une chose.
Permettre à la Chine, grâce à la réussite de Poutine, d’engager la mise en œuvre d’un processus similaire en est une autre. Les évènements actuels nous masquent, pour l’instant, la vision du risque que représente la gouvernance chinoise, qui reste la plus grande dictature mondiale.
En isolant la Russie sur une île, diplomatiquement, économiquement, politiquement et culturellement, nous offrons à la Chine la possibilité de mettre sous son giron cet immense territoire. Sous le prétexte humanitaire d’assistance, elle ne manquerait pas de prendre une emprise définitive sur ce qui deviendrait rapidement son vassal.
Mais, démontrer par l’exemple qu’il est possible de faire demain, ce qui est rentable aujourd’hui, ouvrirait grande la porte à la Chine, de commencer par Taiwan pour poursuivre en Afrique. Cette option est bien plus dangereuse.

Le maintient de l’équilibre actuel des forces nous interdit de laisser Poutine gagner ce combat. Cela passe malheureusement par la poursuite de la guerre en Ukraine.

Citation :
« La démocratie ne peut pas être exportée vers un autre endroit. Cela doit être un produit du développement interne dans une société »
… de qui selon vous ? :   Vladimir Poutine

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