Macron Jupiter, Poutine Lucifer ?

Plaidoyer pour la démocratie

L’Europe est le premier partenaire commercial de la Chine.
Cela n’empêche pas Pékin d’ignorer la demande insistante de l’Union Européenne de prendre une position claire à l’encontre de la Russie, dans le conflit Ukrainien, alors même qu’elle n’ignore rien de la nature de l’agression Russe.

L’Europe est le premier partenaire commercial de la Russie.
Cela n’empêche pas Poutine de menacer de stopper les exportations d’hydrocarbures à destination des pays « inamicaux », au prétexte d’exiger un règlement en roubles, en violation des termes des contrats.

Dans ces deux cas, pour la Chine ou pour la Russie, se priver du client Européen entraînerait des conséquences apocalyptiques sur leurs économies et sur le quotidien de vie de leurs populations, certainement plus fortes que celles supportées par les Européens.

Pourtant ces deux grands pays n’hésitent pas à faire ce « chantage ». Pourquoi ?

La réponse se trouve dans leurs régimes politiques respectifs.
La Chine et la Russie sont des dictatures où le bien-être du peuple n’est pas la priorité, et où le rapport du pouvoir avec la population autorise les gouvernements à bénéficier d’une résilience silencieuse de son peuple, bien supérieure à celle des régimes démocratiques.

• Sous dictature, cette force de résilience du peuple est obtenue, au bénéfice du pouvoir, par la mise en œuvre de plusieurs sentiments :
– Le sentiment de fierté qui s’exprime à travers un nationalisme exalté, provoqué par une valorisation permanente des idées de grandeur de la nation.
 – Le sentiment d’orgueil d’appartenir par son histoire et son mode de vie, à un peuple héritier de valeurs morales supérieures.
– Le sentiment de crainte de l’étranger et la nécessité de se protéger des agressions extérieures, présentées comme probables, ce qui renforce la notion d’unité nationale.
L’entretien de ces sentiments passe par :
– La gestion d’une information sélectionnée et dirigée, qui permet de renforcer ces ressentis, avec l’impossibilité de comparaison avec l’extérieur, en fait un véritable lavage de cerveau.
– La répression violente de toutes dissidences de pensées politiques subversives, afin de conserver ces trois sentiments intacts, grâce à la peur.

C’est ce cocktail de fierté, d’orgueil et de crainte qui permet d’obtenir une forte résilience, en rehaussant le niveau d’acceptation de souffrance du peuple.

• En démocratie, une telle mise en œuvre n’est pas possible, car ce système politique oblige, à :
– Une ouverture sur la connaissance du monde extérieur au pays, qui engage automatiquement la comparaison.
– Une liberté d’expression qui ouvre la porte à la contestation, sans risque de répression.
– Un libre accès au seul patriotisme qui contrairement au nationalisme est ouvert et inclusif.

La démocratie impose une obligation de résultat en termes de qualité de vie, compatible avec une faible résilience, car la souffrance est rapidement compensée par la contestation, engendrant du désordre.

Cette différence de niveau de résilience du peuple, permet aux dirigeants des dictatures, de prendre un risque plus élevé en matière de souffrances supportées par la population. Les gouvernants le savent.
C’est pour cela que la Russie ou la Chine se permettent ces chantages, même si cela leurs est, à priori, défavorable.

Ces deux systèmes politiques imposent chacun des avantages et des inconvénients de gouvernance, que l’on peut simplifier ainsi :

• La dictature offre une stabilité politique à court terme et facilite une politique sécurisée par l’absence de contradiction et de contestation.
Elle permet aux dirigeants de profiter plus facilement, à titre personnels, de profits financiers occultes.
Elle offre aux dirigeants le sentiment, d’un statut valorisant le plein pouvoir, qui soigne l’ego.

• La dictature impose l’obligation de maintenir une forte capacité de répression.
Elle isole le pays et sa capacité d’évolution par un enfermement idéologique.
Elle impose automatiquement des erreurs stratégiques ou diplomatiques importantes à cause des limites de la pensée unique, car les décisions ne portent que sur quelques têtes dirigeantes automatiquement défaillantes. L’usure du pouvoir aggravant ce travers par le sentiment d’admiration qui est dévolue aux dirigeants.
Elle prend le risque d’une révolution violente du peuple, s’il découvre la supercherie de manipulation de sa pensée.

• La démocratie offre une solidité dans la continuité à long terme plus forte, car les choix politiques des dirigeants sont remis régulièrement en question et sont donc,  grâce à cela, constamment adaptés aux désirs du peuple.
Elle n’impose pas la mise en œuvre d’un système répressif puissant.
Elle permet, avec l’ouverture au monde, une évolution constante, idéologique et technologique.
Elle offre une valorisation intellectuelle, par le sentiment positif, d’opérer pour le bonheur de son peuple.

• La démocratie impose une adaptation permanente de sa politique avec une pluralité de pensée qui rend la gestion quotidienne difficile et l’obligation de gérer des micro-conflits permanents.
Elle oblige à la performance qui est automatiquement mesurée, par comparaison, et doit supporter la critique.
Elle ne permet pas aux dirigeants une spoliation des richesses du pays.

On peut conclure en constatant qu’en démocratie, la gouvernance est inconfortable pour les dirigeants et agréable pour le peuple, contrairement à la dictature, mais aussi qu’il est plus difficile de conserver le pouvoir en démocratie, car celui-ci est régulièrement remis en question et impose souvent l’alternance. Cependant, la mise sous dictature du peuple, qui offre un confort de direction quotidienne plus facile, mais prend le risque d’une révolution en cas de défaillance des règles qui la soutiennent.

Dans ces conditions, il est naturel que la gouvernance des dictatures attire des personnages beaucoup moins soucieux du bonheur de leurs peuples, que de leur valorisation et de leur enrichissement personnel.
La démocratie nécessite une attention permanente pour la faire vivre. Elle ne peut perdurer que grâce à un attachement très fort à la liberté de penser et d’agir. Les dirigeants sont dans l’obligation de gérer des compromis.
C’est cependant le meilleur système connu permettant l’accès au bonheur des populations.

Pour illustrer ces propos, imaginez une France qui serait premier producteur mondial de gaz ou de pétrole avec un smic à 300 € et un salaire moyen à 1200 € (valeur rajustée aux différences du coût de la vie), qui aurait pour président un Macron ou autre, riche de 150 milliards, fortune acquise grâce à sa fonction.
Imaginez les Français qui approuveraient leur président à 70 %, alors même qu’ils seraient arrêtés et interrogés, à la moindre manifestation, même pacifique. Imaginez les Corses, les Bretons ou les Basques enfermés en camps de « rééducation » comme le sont les Ouïgours. Imaginez un Mélenchon, une Le Pen, un Zemmour, ou tout autres opposants, en prison pour dix ans, après un jugement à huis clos, sans défenseur, et après une tentative d’empoisonnement échouée.    

Imaginer les 1,5 milliards de Chinois et de Russes qui auraient demain connaissance de la vie à la française.
Imaginez ces mêmes populations qui pourraient revendiquer, sur tous les sujets, sans répression.

Et vous comprendrez, que même si vous croyez vivre en enfer en France, vous vivez peut-être au paradis.

Alors que 700.000 chinois vivent en France, seulement 60.000 français vivent en Chine.
Alors que 60.000 russes vivent en France, seulement 3.000 français vivent en Russie.
Serait-ce un curieux hasard de chiffres ?

Ou serait-ce plutôt l’expression d’une forme de lâcheté de ces nombreux français, qui n’ont cesse de revendiquer sur tout,  de dénigrer nos dirigeants politiques qui seraient pervertis et corrompus, sans avoir le courage d’aller voir ailleurs si la vie y serait plus douce ? Leur voix est aussi forte que leurs convictions sont faibles.

Cette même lâcheté qui les conduit à ne pas voter, tout en exigeant le respect du choix qu’ils n’expriment pas, avec ce confort de laisser ainsi porter aux autres, la responsabilité de leurs difficultés.
Ceux également, qui inconscients de leur liberté, risque la voie des extrémistes en rêvant d’un paradis, qui les conduiraient plus rapidement sur la route de l’enfer.

S’ils sont utiles à l’expression de la vie démocratique, puisqu’ils entretiennent la critique à tout prix, un peu de réflexion ou de conscience, devrait les ramener à la raison et à la mesure.

Ceux qui croient détenir seul la faculté d’empathie, au prétexte que leur volonté à défendre les plus démunis s’exprime bruyamment, plus dans la rue, que dans l’assistance par des actions concrètes.
Cette minorité, qui gâche le goût du bonheur d’une majorité silencieuse, en occupant l’espace médiatique, ce qui laisse croire qu’ils seraient majoritaires.
Tous ceux qui pensent que la force, voire la violence, est le meilleur moyen, ou le seul, de faire aboutir leurs revendications immédiates, sans projeter leur réflexion sur l’avenir, ou sans chercher à améliorer la situation par des actes pratiques et positifs. 
Ceux qui détestent, voir haïssent, nos élus, sans jamais cependant prendre le risque de candidater à une quelconque responsabilité publique, au prétexte que cette voie leur serait fermée. Chacun d’eux détiendrait la solution idéale, à condition de ne pas la mettre en œuvre.

Pour ceux-là, ne faudrait-il pas exiger, un couloir humanitaire, ou des hordes de bus les conduiraient, en toute sécurité, vers la dictature la plus proche.

Bien sûr, vont-ils penser que ce raisonnement m’est réservé par mon statut de « riche » et de  « nanti », inapte à observer la misère du peuple, dont ils pensent être les seuls capables de porter la voix.
Cette facilité justificative leur suffira certainement.
Ils tourneront la tête pour ne pas voir tous ces peuples du monde en réelle souffrance, qui voient nos pays démocratiques avec les yeux de Chimène.

« Ces hommes ne deviennent raisonnables que lorsqu’ils ont épuisé toutes les autres solutions ».

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