Sagesse

Même si l’on considère avoir évité le pire, l’observation des résultats de ces dernières élections nous oblige à un constat d’évidence, qui est partagé par la plupart.
La France est fracturée et les extrêmes représentent une majorité.

Pourquoi cette situation ?

En France, les résultats des élections depuis 30 ans, montraient que les Français étaient attachés à leur orientation politique. Ils se disaient « de droite » ou « de gauche » et leur vote évoluait peu au cours de leur vie. Une minorité d’1/5 opérait une synthèse entre les deux, prenant un peu à droite et un peu à gauche, et pouvait, selon les candidats aux différentes élections, faire pencher la balance entre l’une et l’autre. C’est en partie à eux que l’on doit les « alternances » politiques de ces dernières décennies.
Ainsi, il existait bien une vraie division politique, un « clivage » entre gauche et droite.
La présidentielle de 2017 a chamboulé cet ordre en élisant un candidat « hors parti » où chaque camp à cru y trouver son compte.
Le Président Macron, fort d’une majorité législative, et volontaire à la pratique des réformes, a dirigé le pays de manière assez verticale en évitant les aléas d’une négociation poussée qui bien sûr nuisent à l’efficacité des applications.
Les partis institutionnels de droite comme de gauche se sont effilochés, au fil du temps, pour perdre leur leadership, au profit des idées de tendance plus extrêmes. Ce phénomène étant assez naturel quand un grand nombre ne trouve pas de réponses dans ses préoccupations personnelles et quotidiennes. 
C’est, à mon sens, ce qui nous a conduit à la situation actuelle où l’idéologie socialiste de gauche ou celle de droite se sont éparpillées, en nous faisant perdre notre cohésion. L’individualisme prévaut alors sur le bien commun.

Quelles Conséquences ?

Cette situation est fort dommageable car, dans ces conditions, toutes les mesures à prendre feront inévitablement l’objet d’une forte contestation qui, au mieux, en freineront l’exécution et au pire bloquerons le pays.

La situation de la France et les mutations de la situation internationale ne permettent pas de supporter cette probabilité, sans une casse économique et sociale très importante. Nous prenons donc le risque d’un déclassement.
Il convient donc impérativement d’éradiquer cette situation en obtenant un consensus acceptable pour éviter les conflits sociaux.

Seule une volonté farouche de participation de tous aux projets de réformes, dans le cadre d’un dialogue consensuel peut nous permettre de retrouver à terme une cohésion acceptable. Il faut donc ramener les extrêmes dans le chemin du consensus, en leur donnant le droit et le désir de participer à la politique du pays.

Il faut en finir avec sinon la haine, mais au moins la détestation, de ce qui nous est opposé.
Cette méthode de dialogue et de partage a l’inconvénient de réduire la radicalité des mesures et d’allonger leurs délais de mise en application. Mais elle évite les pires effets des conflits à répétition.

Cette mutation dans notre conception de la politique est difficile car le consensus n’est pas dans nos habitudes, la contestation domine notre état d’esprit. Depuis longtemps nous avons pris la mauvaise habitude d’obtenir par la contestation, plutôt que par la négociation. Il nous faut donc réformer nos mentalités. 

Pour une nouvelle voie

Pour ce faire, il faut définir un cadre général qui oblige nos attitudes en ce sens :

  • Imposer des règles de respect au débat public comme cela existe en matière de publicité commerciale, ou de propos racistes, par des lois qui punissent l’excès de langage et d’attitude, 
  • Instaurer une part significative de proportionnelle, qui oblige au consensus,
  • Imposer le pragmatisme chiffré chaque fois que le sujet le permet, notamment en matière économique, sous l’autorité d’un organisme pluridisciplinaire d’évaluation des réformes,
  • Imposer, par la loi, la règle de l’équilibre budgétaire des finances publiques, qui incite à la raison.
  • Rétablir dans l’enseignement, des cours d’éducation civique qui permettent une meilleure connaissance du fonctionnement de nos institutions, la compréhension des contraintes du partage des idées politiques, et l’importance des avantages de la démocratie.

Ces mesures doivent aider à marginaliser « les extrêmes de l’extrême », qui ne sont pas assimilables, par une opinion majoritairement acceptée et équilibrée de tous les autres.
Elles conduisent à une meilleure paix sociale par un apaisement des revendications désordonnées, au profit du bien commun.

2 commentaires sur « Sagesse »

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