Les deux côtés du mur

Il est des murs visibles. Celui de Games of Thrones qui sépare le Royaume des Sept Couronnes des Terres sauvages glacées.

Il en est des invisibles, à celui qui ne sait pas lire dans la pensée. Ils sont parfois aussi hauts et tout aussi difficiles à franchir.

Comme dans la série à succès, il y a toujours un côté où la vie est meilleure et plus facile, un autre ou l’obscurantisme et la méconnaissance créent le néant et le malheur. C’est ainsi que chacun d’entre-nous est partagé, entre une part de bon et une part sombre. Rester et vivre du bon côté du mur consiste souvent à refouler la tentation qui nous attire naturellement vers l’inconnu du côté sombre de nous-mêmes, nos terres glacées. Nous devons faire la distinction entre l’expression de nos belles qualités et la discrétion de nos plus gros défauts.

Mais il est une autre différence plus discrète, mais tout aussi présente, celle de nos bons ou mauvais raisonnements. Elle se construit de l’enfance à la fin de l’adolescence et s’inscrit dans la durée.

Nos jeunes actuels sont confrontés à ce dilemme. L’époque les a fait grandir entre deux mondes.

Par leur éducation, par l’exemple parental, ils ont hérité du savoir, celui qui construit l’équilibre, la mesure et la vérité.

Par les outils actuels de communication, ils sont sous influence quotidienne, de l’information subie et superficielle, rapide, partiale et partielle, qui leur livre une pensée toute faite,  qui les conduit à l’égarement.

Cela s’observe, quand, sur un même sujet, ils passent rapidement d’une analyse réfléchie, enrichie par la pensée logique et mesurée, à une approche agressive dirigée par l’influence du dernier groupe de partage sur leur réseau social préféré, où le nombre suffit pour faire foi à la vérité.
C’est vrai, puisque nous sommes beaucoup à le penser, à le dire, à le rapporter…

On remarque ce passage du mur, par la différence même de la diction. D’un côté, elle est calme, mesurée, argumentée. De l’autre, armée d’un smartphone dans la main gauche, elle devient saccadée, rapide ou furtive, sans autre référence que celle des 140 caractères affichés, entre deux publicités.

Il convient donc d’intégrer, sans délai, dans notre boîte éducative, les meilleurs outils qui permettront de rester du côté de l’équilibre et du raisonnement, au Domaine des Sept Royaumes. Sans délais, car c’est maintenant que se construit ce qu’ils seront demain.

Une fois installé du côté des Terres glacées, il sera très difficile de traverser le mur pour quitter le domaine des marcheurs blancs, celui des morts et de l’éternel hiver.

En Afrique, apporter l’eau sauve l’instant, creuser le puit, fait l’avenir.

Ici, fournir le bien-être matériel à nos enfants, rend la vie présente plus douce, les aider à penser juste et par eux-mêmes construit leur futur : l’enjeu est de taille, puisqu’il s’agit de leur bonheur.
Et pourtant, l’aveuglement est de mise, il nous invite à la facilité. Seule, une vigilance accrue, nous permet de voir ce mur, à priori invisible.

Eclairé de cette compréhension, il reste à conduire la route qui mène au meilleur chemin. C’est certainement plus facile à dire, qu’à faire.

Il s’agit de combattre des forces obscures, celles de l’influence puissante, de l’environnement omniprésent des réseaux sociaux. Puissante parce que facile, déjà construite comme une pensée toute faite et prête à consommer. Valoriser l’opposé demande un investissement et un effort qu’il faut pouvoir justifier.

Aller au-delà des apparences, la recherche de la vérité, nécessite plus d’efforts et plus de détermination dans la quête de la compréhension.

Même sans voir ce mur de la pensée, c’est instinctivement que nous combattons, pour nos enfants, le mauvais côté du raisonnement. Le problème est que nous le faisons mal. Par la seule critique nous n’influençons pas, ou si peu, l’orientation. Au contraire, souvent, cette attitude de réflexe, nous fait perdre toute crédibilité. Si l’opération se répète systématiquement, nous risquons même de perdre le dialogue. La situation devient alors difficilement réversible : l’outil est cassé et le combat perdu.

Esope, le Grec nous apprend : « Si tu veux que quelqu’un sorte son manteau, ne lui arrache pas, fait en sorte qu’il ait trop chaud. Il enlèvera de lui-même ».

Le Sage africain nous dit : « Il vaut mieux convaincre que vaincre, car ce qui est convaincu est d’office vaincu, alors que ce qui est vaincu, n’est pas convaincu. »

Dans notre application, il nous faut ces sagesses. Ce combat ne se gagnera pas avec les armes pour détruire, mais avec les outils pour construire.

Face aux nombreuses situations rencontrées dans la vie quotidienne, il faut saisir chaque occasion de mettre en compétition, les deux approches de raisonnement en proposant d’en comparer ultérieurement le résultat. Si l’on choisit les bons exemples, c’est pratiquement gagné d’avance.

L’attitude qui demandera l’effort gagnera presque toujours sur la facilité servie sur un plateau.
La bonne pensée construite a l’avantage de venir de nous-mêmes. Sa fondation est solide.
C’est parfois suffisamment valorisant pour la valider.

Contrairement au don d’argent, cette attention éducative, n’est pas taxée. Elle ne démunie en rien celui qui l’offre.

Elle est pourtant gage d’une plus grande richesse.

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