Du report des voix

Par Alain

Je ne sais pas vous, mais moi j’ai été – dans un premier temps – particulièrement inquiet pour l’avenir de notre bien-aimé empereur président. Ainsi donc, en bon démocrate, il avait consenti à abandonner ses riches habits de soie pour revêtir l’humble cilice du candidat, et était descendu, tel un pénitent réclamant la clémence de ses juges, dans l’arène encombrée du suffrage universel. C’est courageux et d’autant plus remarquable qu’il était préférable de décréter simplement l’Empire – ce qui est tout de même bien plus classe, et aurait ainsi évité d’inutiles palabres et logorrhées sémantiques. Mais voilà, malgré ses louables efforts, la gestation pré-électorale a accouché d’un séisme : il est talonné par la plèbe.

Certes, le coup est rude, mais en homme de combat il relève déjà fièrement le défi. J’apprends d’ailleurs qu’en l’espace d’une journée il propose de baisser l’âge de la retraite de 65 à 64 ans, donc, d’ici le deuxième tour, nous devrions mathématiquement obtenir 53 ans, ce qui est tout de même une belle avancée sociale. Mais l’essentiel n’est pas là ; concernant le report de voix, que vont décider ses adversaires déboutés de la première joute ? Qui va le soutenir ?

• Sans surprise, le couple de la voiture balai, adorateur du petit barbichu – oui rappelez-vous, celui qui a trébuché sur un piolet laissé traîné là par le camarade Staline – après avoir aplani les quelques divergences qui les opposent, va partir en vacances au nord de la Sibérie, paradis des travailleurs. Nous n’en entendrons plus parler avant cinq ans.

• La maire de Paris, à la tête de son imposante armée, assure elle un soutien sans faille. Bon, comme dirait ma tante Apolline  « C’est pas bien gras mais ça peut aider ! ».

• Fidèle à sa doctrine, le Dupont-Machin continue de louvoyer en essayant de se caser afin d’assurer sa gamelle quotidienne.

• Le dernier d’une longue lignée de démocrates de l’Est a réalisé une belle campagne, mais les « jours heureux » n’ont pas trouvé preneur. Il appelle à faire barrage contre l’extrême droite ; gageons que ses troupes, parfaitement alignées comme au bon vieux temps des défilés de la Place Rouge, voteront en ce sens comme un seul homme.

• Notons l’excellent score du berger des Pyrénées puisqu’il arrive en tête à Lourdios-Ichère  (136 habitants en comptant les moutons) avec 65 % des voix. Par contre, j’avoue ne pas avoir tout compris sur sa position au deuxième tour. Entre deux borborygmes, et bien que l’écoutant attentivement, j’ai saisi « eg gef engum rödd mína » mais je ne garantis rien.

• Les verts sont dans la mouise ; il serait souhaitable, qu’en échange de leur soutien massif, l’on organise une grande vente aux enchères des morceaux de la centrale de Fessenheim au profit de leur caisse moribonde.

• Quant à cette chère Valérie qui vient d’entraîner son mouvement dans les tréfonds de l’enfer, nous allons la retrouver, avec ses amis, dès dimanche à la sortie de l’Office, tendant sa petite sébile afin de récolter quelques subsides  pour alimenter la caisse flageolante de son parti. Ce dernier étant d’ailleurs d’une obscure clarté qui frise la transparente opacité quant à sa position pour le deuxième tour.  

• Le zemzem de l’extrême droite s’est largement planté, lui qui rêvait de faire repartir le transport aérien par des vols massifs en allez simple, a parfaitement conscience qu’en cas de victoire de Marine, il est cuit.  Néanmoins, officiellement il appelle à voter pour elle… qui ne veut surtout pas !

• Le Sisyphe de la gauche, bien que détenteur d’un joli score, n’a pas réussi son pari et a pris – pour la troisième fois – son rocher en pleine poire, c’est désolant ! Il appelle à faire barrage à Marinette… mais dans le même temps lance une grande consultation pour connaître la position de ses soutiens… Comprenne qui pourra…

• Quant à la pasionaria du bout de la droite, son cas est étonnant. En effet, à la suite d’une indiscrétion, j’ai appris sa rencontre secrète avec le locataire de l’Elysées, lors d’un petit-déjeuner informel, au cours duquel notre bien-aimé président faillit  s’étrangler avec son croissant quand elle lui annonça sa volonté de faire voter pour lui en sous-main, lui expliquant qu’officiellement elle le combattait, mais qu’avec l’accord de son bureau politique, elle ferait tout pour le faire élire. Consciente que son programme était, je cite : « à chier ». Ajoutant, je cite encore : « Qu’avec la bande de pieds nickelés que j’ai autour de moi, comment voulez-vous rassembler un ministère compétent ! Et puis, à l’international, compte tenu du pognon que je dois aux amis de Poutine je ne peux pas me fâcher avec eux. Finalement, je préfère rester peinarde chez moi à m’occuper de mes chats ». Ensuite, il  paraît  – mais là je n’affirme rien – que se levant brusquement, elle se jeta à genoux, lui baisant les pieds en demandant pardon.

Fort de ces soutiens inconditionnels, il ne manque plus qu’un Baron Haussmann pour ouvrir un boulevard devant Lui.

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